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« Lisser nos cheveux » de Bell Hooks


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bell hooks (sans majuscule pour marquer que l’important n’est pas le patronyme mais les idées) de son véritable nom Gloria Jean Watkins, est née le 25 septembre 1952 aux Etats-Unis.

Issue d’une famille noire et pauvre, elle est très vite confrontée au racisme et à la ségrégation, ce qui la marquera profondément.

Après de brillantes études en anglais et en art, elle continuera une carrière de professeur mais surtout de militante et d’écrivaine. Ses thèmes de prédilection sont bien sûr les relations raciales et de classes, mais aussi le féminisme et les relations sociales intra et inter communautaires.

Elle a une énorme influence de part son engagement et son travail sur les combats pour l’émancipation des peuples et des femmes.

Dans son texte  “Straightening   Our   Hair”, « lisser nos cheveux », elle raconte avec nostalgie ces samedis matin où les femmes de sa famille et de sa communauté se rassemblaient pour se lisser les cheveux, non pas, à ses yeux d’enfants, pour paraître blanches, mais comme une initiation pour entrer dans le monde adulte.

C’était aussi pour elle un moment rare d’intimité entre femme d’une même origine, interdit non seulement aux hommes, mais aussi aux blancs.

Elle insiste sur le fait que dans cette société de ségrégation, il paraissait normal de vouloir faire disparaître ses frisottis, mais au-delà de l’acte en lui-même, c’était aussi un moyen de se rassembler et de se raconter ses histoires respectives.

Pour bell hooks, le suprémacisme capitaliste patriarcal impose un racisme interne, une auto-exclusion et un manque d’estime personnelle.

Pourtant, selon elle, il faut bien admettre que dans ces années 60, le contexte socio-culturel est tendu. D’un côté la ségrégation raciale est toujours en place et de l’autre, la communauté noire n’est pas si unie. Et si certains privilégient le combat, d’autres cherchent l’intégration, et l’obsession des cheveux lisses reflète un colonialisme mental et la coupe afro devient une revendication politique et raciale. Quand la population noire cesse de défriser ses cheveux, de se soumettre aux diktats de la mode raciste, elle se libère.

Dans cette dualité, les produits de beauté jouent un rôle particulier, jouant sur la nécessité de changer son apparence, vendant aux noires des produits chers qui contribuent à les appauvrir. Tenues par leurs cheveux, les femmes noires en oublient de dialoguer.

Même plus tard, les cheveux pour les femmes de la communauté noire représentent un enjeu particulier. Le défrisage reste un critère de beauté et ressembler aux blancs un but pour beaucoup.

Les femmes noires hétérosexuelles se sentent moins attirantes ou moins acceptées si elles gardent leurs cheveux au naturel quand les femmes homosexuelles ne ressentent pas ce besoin, mettant en exergue la notion d’approbation du mâle blanc.

Cette idée selon laquelle l’attractivité est intimement liée à la raideur des cheveux toucherait donc toutes les jeunes femmes noires à un moment ou à un autre.

Plus tard, elle raconte comme il lui a été conseillé d’adopter un style de coiffure moins afro, afin que les autres puissent ressentir une certaine conformité, une appartenance à la même communauté.

Par ailleurs, elle souligne combien la coiffure, plus qu’une mode, est une démonstration politique, pour être acceptées ou non. De la même façon, même des figures publiques, comme les chanteuses par exemple, vont aller jusqu’à se teindre en blonde, ce qui leur permet aussi de toucher un public plus large, blancs inclus.

Elle remarque ainsi que nombre de jeunes filles utilisent des perruques ou se défrisent afin d’améliorer leur confiance en elle-même, et donc qu’elles se sentent plus regardées, plus appréciées. Cependant, la question reste de savoir si ce n’est pas cette même confiance qui les rend plus attirantes.

Elle souligne par ailleurs qu’au contraire, beaucoup d’autres femmes noires disent changer leur coiffure non par manque d’auto-estime, mais plus dans le but d’être acceptées. D’autres encore soulignent le fait que les cheveux raides sont plus faciles d’entretien, moins contraignants.

Elle en déduit donc que l’obsession pour les cheveux raides est bien une marque d’un racisme colonial et du sexisme.

Racisme et sexisme obligeraient donc, à travers la publicité et les média, les femmes noires à nier leur chevelure naturelle et le suprémacisme blanc les empêcherait de se réaliser en tant qu’êtres à part entière.

Bell hooks en déduit donc que sans aller jusqu’aux manifestations violentes des années 60 et 70, l’apparence de la femme noire est un statut politique. Se faire défriser serait alors accepter de se soumettre à un système suprémaciste blanc ; que les femmes noires ne sont pas belles et acceptables telles qu’elles sont.

Pour conclure, elle souligne que pour elle, sa véritable liberté a été d’arrêter de se soucier de ses cheveux, de les laisser vivre tels qu’ils sont, et célébrer son corps, qui dans l’histoire a été enchaîné et discriminé, c’est libérer son âme et son cœur.